Nos engagements
Tisser un destin commun
Le travail, socle du commun
Le travail occupe une place structurante dans nos existences et dans l'organisation de la vie collective. Il détermine les rythmes du quotidien, conditionne l'autonomie matérielle, façonne les liens sociaux et demeure un vecteur majeur de reconnaissance. La manière dont une civilisation considère celles et ceux qui travaillent dit toujours quelque chose de son ordre réel.
Une promesse affaiblie
Pendant longtemps, le travail a porté une promesse de progrès, de dignité et d'émancipation. Cette promesse s'est affaiblie. Pour une part croissante de la population, le travail signifie intensification des contraintes, incertitude matérielle, éloignement des décisions et effacement du sens.
La dignité au travail
La dignité au travail tient à des réalités précises : une prise réelle sur son activité, une compréhension claire de sa finalité, une reconnaissance tangible, une inscription dans un collectif et une sécurité d'existence. Cette exigence rejoint l'intuition de Simone Weil dans L'Enracinement : appartenance, utilité reconnue, participation réelle et sécurité.
La responsabilité de l'entreprise
L'entreprise n'est pas un simple instrument de production. Elle organise le pouvoir, répartit l'autorité et détermine les conditions concrètes de la coopération. Toute la question tient à sa forme institutionnelle et à la qualité de la représentation qu'elle accorde à celles et ceux qui la font vivre.
L'entreprise représentative
Là où l'entreprise verticale administre, l'entreprise représentative institue un commun. Elle intègre l'expérience concrète des travailleurs, reconnaît leur légitimité dans l'organisation de l'activité et ouvre des espaces effectifs de représentation. Elle rend possible une coopération plus dense et une responsabilité mieux partagée.
La conviction des Tisseurs
Le travail retrouvera sa pleine mesure lorsque l'entreprise aura suffisamment évolué pour accueillir réellement celles et ceux qui la portent. Cela appelle une gouvernance plus représentative, des droits réels de codécision, une circulation plus juste de l'information et une reconnaissance plus fidèle des contributions effectives.
Travail et démocratie
Le travail constitue l'un des grands apprentissages quotidiens de la citoyenneté concrète. Là où existent la parole et la responsabilité partagée, la démocratie gagne en densité. L'expérience de l'impuissance au travail déborde toujours l'entreprise : elle nourrit la défiance, la fatigue démocratique et le retrait.
Protéger le vivant
Le vivant désigne les personnes, leurs corps, leurs rythmes, leur santé, mais aussi l'écoumène : les sols, l'eau, l'air et les équilibres écologiques. Une économie juste protège le vivant humain et le vivant terrestre dans un même mouvement. Une prospérité digne de ce nom s'inscrit dans la durée du vivant.
Technologie et travail
L'automatisation et l'intelligence artificielle ouvrent des possibilités réelles d'allègement des tâches et d'amélioration du travail. Elles ne deviennent un progrès humain qu'à la condition que les travailleurs participent aux choix qui orientent leur déploiement.
Partir du réel
Des pratiques de codétermination, de participation effective et de partage de la décision existent déjà dans des entreprises concrètes. Elles montrent qu'une autre organisation du travail produit davantage de stabilité, de discernement et de justesse. Notre tâche : les identifier, les relier, leur donner une portée publique.
Retisser ce que l'époque a défait
Retisser le lien entre le travail et la dignité. Entre l'entreprise et celles et ceux qui la rendent possible. Entre l'activité économique et le vivant. Cette ambition engage une transformation structurelle : des institutions plus justes, des équilibres nouveaux et une conception plus exigeante de la prospérité.
Nous appelons à une transformation profonde de l’entreprise et du regard porté sur le travail.
- Faire de la représentation des travailleurs une exigence de structure.
- Reconnaître dans le travail un lieu décisif de dignité, de démocratie, d’enracinement et de responsabilité envers le vivant.
- Organiser une sécurité d’existence qui permette à chacun de vivre, de se projeter et de contribuer avec stabilité.
- Refonder l’entreprise comme lieu de délibération, de codécision et de coopération durable.